Association Bloom

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01 mars 2017

Ségolène Royal demande l’interdiction de la pêche électrique en Europe

BLOOM salue la position de la Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, Mme Ségolène Royal, qui s’est fermement opposée, dans un courrier adressé à la Commission européenne le 24 février 2017, aux dérogations accordées aux navires permettant de pratiquer la pêche électrique dans les eaux de l’Union.

L’électrocution de la faune marine

La pêche électrique est une technique de pêche qui consiste à envoyer des décharges dans le sédiment afin de capturer plus facilement les poissons plats qui y vivent enfouis. Cette méthode de pêche est vivement critiquée pour son « hyper » efficacité à attraper tous les organismes marins et pour ses impacts très violents sur la ressource : les poissons remontés dans les chaluts électriques montrent souvent des brûlures, des ecchymoses et des déformations du squelette consécutives à l’électrocution.[1]

+ Pour en savoir plus sur la pêche électrique, visitez notre page.

La pêche électrique est interdite depuis 1988 par la Commission européenne,[2] mais fait l’objet de dérogations « à titre expérimental » depuis 2007.[3] Ces dérogations sont le fruit d’un lobbying intense des Pays-Bas qui ont ainsi obtenu que 5% de la flotte de chalutiers de chaque État Membre soient autorisés à s’équiper de chaluts électriques. Une fois atteint leur quota en 2010,[4] les Néerlandais ont obtenu que le seuil des dérogations soit augmenté de façon à ce que chaque État Membre puisse équiper 10% de sa flotte de chalutiers.

Main basse des Pays-Bas sur les flottes européennes

Ayant de nouveau rapidement rempli leurs quotas, les Hollandais ont commencé à racheter les bateaux de leurs voisins : Belgique, Allemagne, Royaume-Uni… Les permis spéciaux accordés par la Commission européenne permettent aux Néerlandais d’étendre l’emprise de la pêche électrique à travers l’Europe par le biais de rachats de flottes industrielles. Les Français ne sont pas exempts de pressions directes puisque les géants néerlandais comme Cornelis Vrolijk ou Parlevliet & Van der Plas ont déjà fait main basse sur des flottes françaises telles qu’Euronor ou la Compagnie des Pêches de Saint Malo.

Ségolène Royal au secours des océans

Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM indique qu’«il est nécessaire d’agir maintenant, avant que les pêcheurs français ne cèdent au chant des sirènes industrielles néerlandaises. La France a aujourd’hui les mains libres pour exiger de l’Europe (notamment via le règlement européen sur les mesures techniques) la fin de ces exemptions injustifiées, qui sont le seul produit du lobbying efficace des industriels hollandais.» BLOOM rappelle que la Commission accordait déjà des dérogations aux navires ibériques pour la découpe des ailerons de requins jusqu’à ce qu’une longue campagne d’ONG réussisse à y mettre fin en 2013. « Il est temps que la Commission adopte une ligne de conduite législative qui soit exempte de ce genre de dérives. Nous soutenons fermement la Ministre Ségolène Royal dans la démarche de bon sens qu’elle vient d’entreprendre. La Ministre de l’Ecologie avait déjà sauvé l’honneur de la France en soutenant l’interdiction du chalutage profond en 2015, ce serait formidable qu’elle puisse mettre à son actif d’avoir débarrassé l’Europe de cette nouvelle aberration écologique et éthique : l’électrocution des poissons ! » espère la Présidente de BLOOM.

La course en avant des pêches industrielles

« La pêche électrique est une technique de pêche barbare avec des effets complètement inconnus sur les organismes. Notre façon d’exploiter l’océan demande à être remise en cause radicalement » estime Frédéric Le Manach, directeur scientifique de BLOOM, qui pointe aussi la cause de ces développements inacceptables des pêches industrielles : l’échec cuisant de gérer de façon durable les populations de poissons. « Il faut cesser cette course en avant qui consiste à inventer des machines de guerre toujours plus efficaces pour compenser le déclin des ressources sauvages. L’avenir des mers et de la pêche européennes est en jeu. »

BLOOM espère désormais que la Commission et les autres institutions européennes entendront le vœu de Mme Royal au cours de la réforme du Règlement sur les Mesures techniques qui démarre son parcours législatif à Bruxelles.


Pour en savoir plus :

Lors de la consultation nationale sur la mer et le littoral, BLOOM avait appelé la France à proposer un moratoire européen total sur cette technique de pêche. Nous félicitons donc Mme Royal et M. Vidalies pour leur engagement et accueillons cette demande très favorablement.

[1] www.lemarin.fr/sites/default/files/2015/04/03/page_focus_peche_electrique.pdf.

[2] Council Regulation (EC) No 850/98 for the conservation of fishery resources through technical measures for the protection of juveniles of marine organisms.

[3] European Community (2007) Council Regulation (EC) No 41/2007 of 21 December 2006 fixing for 2007 the fishing opportunities and associated conditions for certain fish stocks and groups of fish stocks, applicable in Community waters and, for Community vessels, in waters where catch limitations are required. Official Journal L 15: 244.

[4] http://www.nsrac.org/wp-content/uploads/2015/01/Paper-5.3-IMARES-Pulse-Trawl-2013.pdf.

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